ROBECCO SUL NAVIGLIO A PETIT TOUR
INTRODUCTION
Robecco a
commencé son développement à peu près vers le XIV siècle, comme lieu de villégiature
des familles nobles milanaises: les villas qui y sont bâties en sont le témoignage.
Les bords du Naviglio Grande comme lieu de villégiature étaient privilégiés parce que
là les communications étaient facilitées et plus sûres par rapport à celles des voies
terrestres de l'époque. En autre l'eau du Naviglio servait à irriguer les parcs et les
jardins des villas en agrémentant l'architecture de celles-ci. Les villas de Robecco,
avec le canal, forment aujourd'hui une unité historique et artistique de valeur.
VILLA
TERZAGHI
Unique, la Villa
Terzaghi est construite loin du canal et à la périphérie de Robecco, le long de la
route qui va à Castemo, le centre le plus antique de la zone et qui est d'origine
romaine: la villa était ainsi en communication directe avec la propriété foncière de
la famille.
Elle a
toujours appartenu aux nobles Terzaghi jusquen 1882, quand Carlotta fille du «feu
noble Carlo» en fit don à l'orphelinat féminin de Milan: celui des Stelline.
Elle se
signale par quatre piliers ornés de statues et une très belle entrée qui conduit à la
Cour: au fond de cette cour domine la villa, tandis que sur les côtés il y a d'autres
piliers qui avaient le rôle de délimiter deux autres entrées, à gauche celle vers
les annexes de la ferme et à droite celle vers une parcelle de terrain qui précède la
Chapelle.
De celle-ci,
une petite salle en forme d'abside, il ne reste que les piliers d'angle et des traces de
murs périmétraux tandis que la vôute c'est écroulée pendant les bombardements de la
dernière guerre.
Au delà de
l'ensemble de la construction s'étend un vaste pré qui se termine par une autre grille
qui se trouve dans le même axe et qui est ouverte vers la campagne.
La villa
est un corps de bâtiment simple, c'est un des meilleurs exemples de la moitié du XVII
siècle, c'est à dire du stile baroque tardif lombard.
Elle est
divisée en trois parties de la même largeur, dont la centrale est ouverte par 3 arcs
au rez-de-chaussée; la paroi lisse de la façade se termine par un fronton incurvé, de
sorte que les deux travées latérales aient presque la fonction d'ailes entre lesquelles
prend forme une grande terrasse.
VILLA SCOTTI
Le long de la route qui
conduit à Abbiategrasso se dresse le palais Scotti, aujourd'hui siège de la Mairie. Le
palais Scotti a été construit pour servir d'habitation, pas seulement pour la
villégiature, mais aussi pour exceller à Robecco, pas pour se refléter dans le canal.
Les Scotti, en effet, étaient originaires de Robecco, une famille d'éleveurs d'abeilles.
Ils habitèrent le palais jusqu'à il y a une soixantaine d' années, période où le
palais fui occupé par l'administration communale.
Le plan de la
construction a la forme caractéristique d'un U avec les bras légèrement irréguliers
qui s'arrêtent à la moitié de la cour, là où commençait autrefois une brève
prospective de sapins. La façade principale est divisée en trois: deux simples
superficies latérales et un espace central divisé à son tour par des
semicolonnes. Ce motif dominant est complété au dessus de la corniche par une fausse
balustrade. La façade postérieure est simple, sans motifs ornementaux.
Au
rez-de-chaussée, l'aile droite servant de magasin pour le miel, l'aile gauche,
d'habitation pour le personnel de service. La partie centrale était destinée à la
représentation avec son entrée et son grand escalier, lequel était simple dans sa
décoration, mais nécessairement ample pour accéder aux salles de l'étage supérieur.
Au premier étage dans le corps principal se trouvaient les salles pour les réceptions et dans les
ailes les chambres.
Trois
pièces, au premier étage, conservent la décoration originale. La salle centrale a les
murs ornés de fausses colonnes sur un fond couleur ocre et sur les portes sont
représentés des aiglons impériaux. La salle de droite présente une épaisse tapisserie
à damas gris sur fond azur.
Dans une
troisième galle on peut voir au centre du plafond une fresque représentant des petits
anges.
Les lignes architectoniques et les décorations indiquent que le palais a dû être construit au début du dix-neuvième siècle. Pour ce qui concerne la signature, on parle de Piermarini.
VILLA GROMO DI TERNENGO
La villa
actuelle a été construite à la place d'une autre qui datait du seizième siècle et
avait appartenu à la famille Casati.
Il semble que la précédente villa ait substitué
le château de Robecco. La villa fut donc refaite, toujours par la famille Casati en 1679.
Chez les Casati la villa passe de génération en génération par voie féminine. La
villa appartient aujourd'hui aux descendants Wild. Elle est constituée par une entrée
en exèdre qui porte à la cour puis à la maison et enfin dans le jardin, le tout est
placé sur un seul axe long de 800m qui se termine par un grand portail aujourd'hui
abandonné, il se trouve le long de la route entre Cassinetta et Robecco.
L'espace
occupé par la cour est plutôt étroit parce qu'il se trouve entre Villa Gandini et Villa
Scotti, mais le jardin a une grande extension tant en longeur qu'en largeur, occupant les
terres qui vont du canal jusqu'à la route qui va de Robecco à Abbiategrasso.
Au centre
de la grande exèdre on trouve le portail dont l'enseigne avec le « N » remonte au
passage de la famille Negrotto.
Ensuite on
arrive dans la cour, aujourd'hui remplie d'arbres, sur le côté gauche, elle est
délimitée par un corps de bâtiments destiné aux paysans et à tout ce qui servait
pour la culture de la propriété foncière tandis que de l'autre côté se trouve le
mur d'enceinte à peine suivi de la chapelle, puis de la villa.
Cette villa a
un plan à U avec les ailes orientées vers le jardin. La façade de l'entrée est
divisée en trois parties, deux petites superficies latérales et au centre un portique
à trois arcades au rez-de-chaussée. Les colonnes de ces arcades sont jumelées. Sous le
portique on peut voir des fresques plutôt détériorées qui représentent des figures
de femmes. Au centre, une grande entrée complètement peinte à fresques, conduit au
jardin.
La façade
postérieure est différente, le dernier étage est formé par une loge à trois arcades
sur colonnes particulièrement élancées. C'est un édifice typique du baroque lombard.
L'ammeublement aussi conserve le caractère de la villa, il est constitué de meubles
d'époques différentes, dont certains de valeur.
Sur le côté
droit se trouve la petite chapelle de S. Francesco qui fait partie de la propriété. Le
jardin postérieur a un plan à parterres avec deux statues qui regardent la villa
tandis que le reste est à l'anglaise.
Le long du
canal on peut voir un petit pavillon sur quatre colonnes avec une pièce au première
étage et aussi une grande corniche sur consoles appelée « La Sirenella ». Cette
construction servait d'embarcadère.
VILLA GANDINI
Quand on passe le
long du canal en allant vers Robecco, c'est la Villa Gandini que l'on voit en premier sur
la gauche.
La beauté
immédiatement perceptible de l'édifice avec son escalier qui descend dans l'eau comme
embarcadère est valorisée par le très proche pont piétonnier en forme d' arc.
Cette villa
est une des plus antiques qui se trouvent le long des canaux et même l'une des premières
ayant le caractère de villa en Lombardia.
Elle est
aussi parmi les plus riches de souvenirs historiques. Dans la deuxième moitié du XV
siècle on l'appelle « Villa Gaia» à cause du caractère des fêtes que l'on y
donnait.
La
construction initiale est d'une époque antérieure, ceci est demontré par le fait que
l'on a retrouvé des traces de fenêtres ogivales sous l'enduit.
Le complexe
d'aujourd'hui est constitué par la villa qui a un plan régulier à peu près
rectangulaire, organisé autour de trois cours de formes différentes. .
Le fait
qu'elle soit antique et qu'elle ait changé souvent de propriétaire a favorisé des
transformations successives, la dernière date de 1760.
Elle a subi
des travaux de restauration de la parte des propriétaires actuels qui ont confié les
fresques au peintre Franco Milani.
La façade
qui donne vers la route est du seizième
siècle: c'est un grand mur caractérisé par un portail en bossage avec les armoiries
des Visconti Borromeo et par des consoles sous le toit.
Elle est
complètement décorée par des fresques avec des dessins en bossage et des bandes de
marbres de différentes couleurs; en outre il y a des consoles peintes et des panneaux
décorés qui représentent des trophées de guerre.
Seulement la
dernière partie de la façade qui donne sue le canal change, le mur est lisse mais
complètement transfiguré par une décoration en peinture ocre autour des fenêtres qui a
été mise en évidence lors du dernier ravalement.
Cette façade
est enrichi encore par trois petits balcons au premier étage et par la succession de
fenêtres et portes au rez-de-chaussée, chacun de ces dernières ayant un petit escalier
qui conduit à la terrasse du canal.
Le long du
Naviglio on peut voir une balustrade du XVIII siècle en fer battu et en pierre meulière,
vrai chef-duvre dans son genre.
Du portail on
passe dans la cour principale, rare exemple de la Renaissance, toute couverte de fresques
et entourée d'arcades sue trois cotés, le quatrième qui contient le grand escalier est
décoré par de faux arcs.
Sous les
arcades, les décorations sont à panneaux et représentent des grotesques avec des
spirales de fleurs stylisées, des animaux, des figures mythologiques, etc. en grande
partie restaurés.
A droite du
portail qui porte à la cour se trouve la Chapelle néoclassique avec un rétable,
consacré à l'Immaculée, et de belles décorations pariétales.
Un complexe donc complet en toutes ses parties et dont chacune d'elles est d'un grand intérêt.
VILLA
ARCHINTO
Villa
Archinto, appelée « château », à cause de ses deux tours qui la caractérisent,
est l'édifice sans doute plus connu mais aussi le plus problématique du canal.
Elle
est l’œuvre de Federico Pietrasanta qui avait déjà collaboré avec un
membre de la famille Archinto, le conte Carlo, fondateur de la Société
Palatina et dilettante en architecture, pour la reconstruction du Théâtre di
Corte, démoli par un incendie et réouvert en 1699.
L'architecte
est peu connu, même si par ses quelques oeuvres il révèle une personnalité
originale et bien caractérisée.
Le
projet, vraiment grandiose, fut dicté par le désir d'installer le jardin
enclos et équipé par quatre grands parterres autour de la fontaine, le long du
cours du canal, plutôt que derrière le bloc central.
Le
plaisir du spectacle offert par le célèbre cours d'eau aurait pu ainsi être
assuré sur une longue partie de la promenade qui reliait le jardin avec la
place en face de la façade principale.
Deux
débarcadères, dont un couvert, auraient permis l' accostage des bateaux.
La
cour postérieure, terminée à exèdre, aurait présenté l'entrée principale
des carrosses provenant du pays et de la campagne. La quatrième cour, celle
opposée au jardin, aurait eu le rez-de-chaussée complètement à arcades pour
relier les escaliers principaux à la chapelle.
On
se demande donc comment expliquer sans hypothèses pleines de fantaisie ce qui
s'est passé entre le projet qui nous est parvenu et les ruines actuelles. La
tradition populaire veut que la villa ait été réalisée intégralement pour
une grande fête et ensuite démolie afin d'utiliser à nouveau les briques qui
auraient servi pour construire le palais Archinto à Milano, Via Passione.
Mais l'idée que la construction ait été complètement réalisée est sûrement
à exclure parce que le tracé prévu aurait recouvert une ferme et un portail
d'une époque précédente qui existent. encore aujourd'hui et sont en bon état.
A ces sources d'information on peut ajouter le fait qu’il existe une
peinture dans le salon de la Villa la Bassana qui la représente du nord, c'est-à-dire
vue du pont principal et sur laquelle on voit très bien tant l' aile restée
que sa symétrique; mais si la première apparaît complètement terminée avec
enduit sur les parois et portique avec terrasse construit, la seconde est très
en retard dans l' édification.
Une
analyse locale fournit d'autres éléments qui renforcent cette hypothèse: le
terrain sur lequel on devait construire la villa a des sous-sols et d'autres
murs de fondation qui ne correspondent pas au plan.
En
autre il y a des chapiteaux, des soubassements et des troncs de colonnes
abandonnés ainsi que plusieurs fenêtres qui présentent des traces de
corniches peintes. La congruence entre ces documents se trouve en admettant
que les travaux aient été effectivement commencé à grande échelle en réalisant
sûrement les deux ailes avec les tours, même avec un degré différent de
finition.
Puis
on peut supposer que les fonds nécessaires pour continuer viennent à manquer
ou que peut-être l'intérêt pour la villégiature à Robecco disparaît, et
alors on décide d'abattre les deux blocs construits en commençant par celui
non complété, juste pour récupérer les briques qui servent pour le palais de
Milano qui est lui aussi situé près du Naviglio.
Ainsi
le transport pouvait se faire facilement, exclusivement par voie d'eau (tradition
orale). Le bloc qui s'est sauvé est passé dans différentes mains et a été
adapté à n'importe quelle activité: habitation, étable, grange, fromagerie,
etc. Son aspect squelettique rend fascinant et mystérieux ce qui reste du grand
projet.
LE
PONT DES MARCHES
Au
XIX siècle à Robecco le fait le plus important fut la construction du pont
piétonnier entre la Contrée de Brisa, où il existait un gué à raz le sol
pour faire boire les chevaux, et la Contrée de S. Girolamo, soit la
route qui mène à Castellazzo, qui était fermée sur le fond par une barrière.
L'idée d'un deuxième pont sur le « canal grand » (ainsi appelé lors de
certaines occasions) avec relatif projet est documenté dès 1818, mais il a
fallu encore 30 ans pour concrétiser ce propos.
Entre
temps l'effet pouvait être connu grâce au pont flottant que l'on avait la
coutume d'installer le jour de la fête du saint patron S. Giovanni Battista (11
juillet). Par respect pour cette fête, le gardien du canal interdisait toute
navigation ce jour là. Ainsi sur cet ouvrage passait la Sainte Fonction qui intéressait
toutes les Contrées du bourg.
L'occasion
pour passer à la construction fut l'inattendue subvention faite par le noble
Giulio Dugnani qui dans son testament laissait à la communauté de Robecco le
don de 8000 lires pour la construction d'un pont. Dès le printemps 1842 le pont
était réalisé.
Le
parapet en fer a été exécuté en le combinant avec la charpente du pont, de
façon à rendre plus solide les deux structures; « d'autant plus que les jours
de fête le pont est victime des manommisions de la part de jeunes garnements
».
La
population s'est servie de ce nouvel ouvrage de façon exagérée par rapport
à ce à quoi il était destiné, dès l'été 1842 pour ne pas créer de
dommages aux marches, on dut interdire le passage de charrettes même tirées à la main.
VILLA
DUGNANI
Les plus vieilles nouvelles relatives à la villa qui est située sur le côté gauche du canal remontent à la première moitié du XVI siècle, quand les propriétaires étaient la famille Cittadini. En 1632 Girolamo Cittadini fit construire un patronage, dans un endroit près de la maison, dédié à S. Girolamo et S. Onofrio. Dans l'estimation faite à Robecco en 1760, Don Giulio Dugnani est cité parmi « les possesseurs de biens en ce lieu et territoire ». Successivement le Cardinal Antonio Dugnani céda cette villa à l' Orphelinat féminine de Milano. Actuellement c’est la propriété et résidence de la famille Benini-Bossi. Parmi les pièces décrites dans l'inventaire joint à l'acte de propriété, on trouve au rez-de-chaussée une salle et un salon, tous les deux orientés vers le jardin et reliés à la cour par une grande entrée. Un grand escalier à deux rampes conduit à l'étage supérieur. La villa a subi des restaurations qui ont amené à la démolition de certains corps de bâtiment.
De
la villa antique il reste aujourd'hui le corps principal, caractérisé dans sa
façade vers le canal par un portique architravée en trois parties. Du côté
qui regarde vers la rue Matteotti on peut voir l'aile du XV sièc1e, avec des
fenêtres très intéressantes en terre cuite et une précieuse petite cour avec
un puits au milieu. Sur certaines des briques utilisées pour la construction du
puits on peut lire la sigle « AD U.F. » qui renvoie à une curieuse habitude.
Les bateliers qui transportaient les briques pour la construction du Dôme de
Milano laissaient sur les rives une partie du matériel gratuitement à ceux qui
les demandaient. Sur les briques était écrit
«
Ad Usum Fabricae » c'est à dire pour la construction du Dôme. De là l'expression
« a ufo », c'est à dire sans payer.
VILLA "LA BASSANA"
La villa est placée sur le côté du Naviglio, elle s'élève sur un terre-plein plutôt rehaussé et elle est précédée par une grille imposante, oeuvre d'un artisan locale, Ernesto Mainardi, qui a mis plusieurs années pour la façonner en reprenant le motif de la balustrade du balcon. Au centre l'entrée est marquée par des piliers surmontés de vases et de panaches. C'est sûrement la meilleure grille que l' on trouve le long du canal.
Ce complexe, outre à sa beauté artistique, bénéficie d'un milieu extraordinaire: les reflets de l'eau, sa position élevée, le pont. La grille conduit à un jardin dont les côtés sont formés par de petits murs. Au fond la villa dont la construction sur deux étages a la façade très étendue qui se prolonge directement au côté des maisons des fermiers. La partie qui a le plus de valeur est la partie centrale où s' ouvrent un portique et une loge. Cette loge, aujourd’hui fermée (on peut noter les persiennes qui sont peintes), apparaît encore ouverte sur une peinture du salon sur laquelle la villa a un aspect plus complet et intéressant de celui actuel; ceci parce que, outre à l'ouverture centrale, au premier étage des fenêtres s'alternaient avec des balcons aujourd'hui disparus. Il s'agit d'une solide construction de la fin du XVII siècle.
Du
portique on accède en axe dans le salon, sur la gauche à l'escalier et sur la
droite aux pièces réservées aux services. Le noyau central dépasse le reste
de la villa et s'avance dans le jardin. Une petite tour typique, ici particulièrement
ample, vient compléter la villa. Par contre la chapelle dédiée à la Sainte
Vierge a disparu, de cet endroit on a récupéré un pièce qui sert de magasin.
À l'intérieur quelques salles se sont conservées ainsi que l'escalier. Dans
le salon il y a six prospectives du Naviglio et des ses villas (Archinto, Gromo,
La Bassana) qui sont d'un intérêt particulier. On y trouve aussi des peintures
décoratives ainsi qu'un ameublement important (en particulier la cheminée et
les trumeaux). Les salles contiguës sont décorées selon un goût classique.
La porte d'entrée de l'escalier est importante, en fer forgé et en pierre; un
précieux exemple d'artisanat typiquement lombard.
JARDIN
SIRONI
Sue
la rive gauche du Naviglio, devant la villa Archinto, la scène est constituée
par quelques modestes constructions flanquées un touffu jardin : c’est
la propriété Sironi Marelli. Les aspects plus intéressants et singuliers de
la maison sont le résultat des ambitions mégalomanes de Bordini, un
administrateur des Litta de Milano, qui certainement rêvait de se construire
une maison d'été similaire aux plus splendides de celles qui l'entouraient à
Robecco. Les travaux commencèrent par le jardin, comme il est naturel, vu le
temps qu'il faut pour obtenir de grands arbres, sans lesquels une villa se réduit
à une grande ferme brûlée par le soleil. C'était un jardin grandiose:
groupes d'arbres, quelques-uns rares, hauteurs artificielles pour mouvementer la
plaine lombarde.
Au
centre un petit lac, ou mieux une intrication de cours d' eau qui délimitent
petites îles et collines formées de terre reportée. Partout cippes, décorations,
statues d'auteurs fameux comme Vela qui a crée entre autre le cénotaphe de
la mère de Bordini avec la figure couchée de celle-ci.
On attribue le projet à Balzaretti, auteur, avec de similaires effets
pittoresques, des Jardins Publiques de Milano (1856).
Avec le jardin il y a les écuries qui sont construites au delà des maisons
qui existaient déjà et qui furent incorporées.
C'est
l'époque des chevaux arabes: le style à adopter est donc le mauresque avec la
façade à arcs outrepassés, écuries et couloirs couverts par de petites
coupoles à plan rectangulaire soutenues par de minces colonnes comme dans une
mosquée. Les abreuvoirs sont en calcaire blanc et les râteliers en fer forgé.
Les parois sont décorées par des tètes de cheval sculptées en bois.
Jardin
et écuries, donc proportionnés à un grand palais, mais le palais n'y est
pas, il n'a pas été fait parce que à Bordini les substances manquèrent et
pour habiter la villa il a dû rénover les vieilles constructions:
ainsi furent transformées l'originaire résidence Crivelli et les maisons surles bords du canal.
CASTELLAZZO
DE' BARZI
Castellazzo
doit probablement son nom à un antique petit château, c'est à dire une
construction cossue, communale ou privée, qui normalement avait les modestes
dimensions de la maison forte et qui ensuite se transformait en maison noble ou
en habitation rurale.
.
La
famille Barzi y a habité de façon constante de 1432 à 1625. Vers la fin du
XVII siècle les conditions économiques et sociales de cette famille ne sont
plus celles des ancêtres à cause de l'incapacité des descendants à gérer le
patrimoine; la demeure principale (l'ancien petit château) était en conditions
précaires.
En
effet, juste en ces années là se fait la restructuration qui lui donnera l'aspect
baroque, toujours évident, de maison de campagne.
Une
partie du patrimoine en 1736 passa au Collège Longoni de Milano qui en résulte
encore titulaire au début du XIX siècle.
Ce
collège eut parmi ses élèves Alessandro Manzoni, qui dans la maison de villégiature
de Castellazzo fut envoyé avec ces compagnons d'études pour des vacances d'été,
comme le rappelle encore une plaque commémorative sur place.
LES
CADRANS SOLAIRES DE CASTELLAZZO
A Castellazzo, dans la cour de Villa Arconati, on a restauré deux cadrans solaires qui probablement remontent au XVIII siècle. Le cadran solaire indique plusieurs heures dans le cours de la journée, ce qui le distingue de la méridienne qui n'indique que le midi local. Les cadrans solaires sont constitués d'un style (gnomon), incliné parallèlement à l'axe de la terre, dont la pointe indique exactement le sud, tandis que la base indique l'étoile polaire, donc le nord. A la base du gnomon des lignes se rejoignent, ce sont les lignes qui indiquent les heures.
Observant
la paroi, le cadran solaire de droite indique la
vraie heure de Castellazzo de' Barzi; tandis que celui de gauche indique
le temps moyenne européen (l'heure que nous lissons sur notre montre). Pour la
lecture de ces cadrans solaires il faut calculer l'équation du temps.
CASTERNO
L'habitat
de Robecco était à l'origine moins important que celui du voisin et plus
ancien bourg de Casterno, d'origine romaine. Le nom « castrum externum » et
puis « Casternum » veut dire lieu fortifié ou entouré de remparts ou de fossés.
Après avoir parcouru la route goudronnée, on suit des sentiers et des routes
en terre, flanquées de fossés, de files de peupliers et de mûriers; puis on
traverse le bois de S. Ambrogio et l'on arrive à proximité du pays situé sur
le bord du talus qui indique l'extrême limite du lit du Ticino. De cet endroit,
légèrement élevé on a une ample vue sur cette verte vallée, riche de prés,
de champs et de zones boisées.
LES
TROIS FONTAINES
Un
peu en dehors de Casterno, en direction de Carpenzago, immergée dans une
dense végétation, entre galléries d'arbres et de bosquets d'acacias, se cache
la célèbre source
« Les Trois Fontaines ». Elle doit son nom à trois résurgences d'où jaillit une eau très pure qui a la température constante de 9° - 12° été comme hiver Les eaux de la nappe souterraine, qui coulent jusqu'ici, quand elles rencontrent un terrain imperméable, montent et sortent à la superficie.
Pendant
des siècles les paysans du lieu y ont porté leurs bœufs pour y boire et de
nombreuses femme y ont rincé leur linge en bavardant et en peinant, tandis que
des groupes d'enfants poursuivaient de petits poissons et des têtards. Les
pierres polies qui servaient de lavoir rappellent un monde désormais disparu,
mais l' atmosphère tranquille qu'on y respire et l'agréable fraîcheur dont on
profite, rendent les Trois Fontaines un endroit très suggestif qu'il faut
maintenir et sauvegarder.
LES
MARCITES
L'étendue verte des prés et des champs de la vallée de Casterno est parcourue et interrompue par des fossés d'irrigation d' ampleur différente et par des canaux qui se croisent, se divisent, puis se réunissent à nouveau. Ils sont alimentés par les eaux de résurgences qui, par le fait qu'elles jaillissent à 9°-12° été comme hiver, permettent la particulière culture des marcites.
Cette
pratique consiste à faire couler, en automne comme en hiver, un voile subtil
d'eau sur le terrain de façon qu'il ne gèle pas. Cela consent la croissance
continue du fourrage qui peut être coupé de 7 à 10 fois par an. La pratique
de la marcite a des origines très lointaines (les premières documentations
remontent au XII siècle) et a été très répandue dans la vallée jusqu'à il
y a quelques années; aujourd'hui elle tend a disparaître.
LES MOULINS
Les
moulins ont été les premières machines a utiliser l’énergie de l’eau. Le
métier de meunier commence vers la fin du XIII siècle, quand, grâce à des
canaux appropriés, l'eau des résurgences du Ticino et du Naviglio était
conduite dans la vallée et favorisait l'installation de moulins. Ceux-ci eurent
leur moment historique en 1245, quand ils furent incendiés par Federico II
neveu de Barbarossa, parce qu'ils fournissaient la farine à Milano, qui, ainsi,
résistait à son siège.
Un
des plus vieux moulins de la vallée, dont la fondation remonte au XV siècle
est le Moulin Pietrasanta. Son nom original était « Petit Moulin des Frères
de l’œuvre pie Di Falco» (ces frères résidaient dans le couvent de
Casterno). Il doit son nom actuel à un noble Pietrasanta qui devint propriétaire
d'une grande partie des biens de ces moines. Sur un des murs on entrevoit les
traces d'une fresque qui date de 1404 et qui a été exécutée par un artiste
de l'époque Giovanni Molinari; cette fresque représente la Sainte Vierge avec
l'enfant Jésus et à côté S. Sébastien. Actuellement la fresque se trouve
dans l'église de Carpenzago.
LES
FERMES
Typique
de la plaine lombarde est la ferme « à cour » c' est à dire un complexe de
constructions qui servait respectivement de demeure pour le patron, d'habitation
pour les ouvriers, d'étable, de grange, de magasins, de hangar pour le matériel
agricole et de laiterie. Le tout disposé autour d'un quadrilatère régulier découvert
avec au centre l'aire utilisée surtout pour le séchage des céréales.
Souvent dans cette zone la ferme traditionnelle était plus petite, constituée
d'une habitation et de quelques constructions agricoles sans l’aire, elle était
appelée « fermette ».